La Loi du légaliste


Beaucoup de chrétiens ne comprennent pas l’importance capitale d’être délivrés de la loi. Etre délivré de la loi est une prise de position déterminante dans la vie chrétienne. Bien des croyants prétendent être sous la grâce de Dieu, mais dans leur vie courante et spirituelle, dans leur vie d’église, ils sont en fait dominés par la crainte de déplaire à Dieu, et par l’observance de nombreuses lois qu’ils pensent justes pour y parvenir. Nombreux sont ceux qui sont loin d’être au clair au sujet de l’observance des lois. Et bien que nombre d’entre eux déclarent – à raison – ne plus être sous la loi mosaïque, beaucoup en pratiquent encore diverses prescriptions, ou ont de fait remplacé les préceptes de Moïse par de nombreuses autres lois religieuses qui sont autant de freins à leur liberté.

                                                    Définition du légalisme

Le légalisme, pour donner une définition très simple, c’est essayer d’atteindre la justice de Dieu et de lui plaire en observant un système de lois, de règles; voire en ajoutant de nouvelles exigences à ce qu’il a établi. Etre fils de Dieu ne consiste toutefois pas à obéir à un tas de règles. Le christianisme n’aurait pas dû être un ensemble de lois. Pourtant, les hommes légalistes en ont fait un système de préceptes, de commandements, d’interdits, d’obligations contraignantes; un code moral d’attitudes et de comportements à suivre scrupuleusement, et dont il ne faut pas déroger.
Dans la chrétienté, il existe ainsi des règles catholiques, des règles protestantes, orthodoxes, évangéliques, baptistes, pentecôtistes… Ces règles sont le plus souvent un recueil, un « best of » de certaines lois mosaïques, et de certaines doctrines propagées couramment dans les mouvements, les organisations et les églises, comme autant de « lois chrétiennes ». Ce sont des lois de sanctification, de vie morale. De manière générale, il est possible d’affirmer qu’il existe autant de systèmes de règles que de dénominations. De la même manière, il y a des lois islamiques, bouddhistes, hindouistes… Dans l’absolu, dans toutes les religions il y a des lois morales.
Dieu conduit son œuvre depuis l’intérieur du croyant vers l’extérieur, c’est-à-dire depuis sa conscience vers son âme (ses pensées, ses désirs, ses choix, ses réactions, ses émotions), pour finir par les actions du corps. L’esprit légaliste inverse cet ordre, pour traiter d’abords l’extérieur de l’homme (ce qui est visible et audible : ses attitudes, ses comportements, ses actes, ses paroles), pour aller vers l’intérieur, donc vers son âme, puis son esprit. Cet ordre n’étant pas l’ordre divin, toutes les règles prônées et appliquées s’avèrent inefficaces pour une réelle transformation intérieure de l’individu : l’action de purification reste visible à l’homme extérieur, réformant seulement sa conduite mais non son être profond. La loi ne peut réformer le cœur de l’homme, elle n’en a pas la capacité. Seule l’Esprit de Dieu le peut; et la loi unique et suprême de l’Esprit de Vie, c’est l’amour, qui aime universellement; et le Christ en est le Fils Créateur.

Les hommes et les femmes légalistes accordent de l’importance à l’image extérieure pour éviter toute remise en question intérieure. Ils privilégient l’apparence, la réputation, le titre, à la profondeur spirituelle. Les légalistes regardent au comportement extérieur, qu’ils veulent corriger. Ils examinent ce qui se voit, au lieu de considérer le cœur. Ils font eux-mêmes de réels efforts pour paraître irréprochables, en se fondant sur les règles écrites d’un livre. Ils s’épuisent à les suivre, afin d’avoir l’air de bons chrétiens, à leurs propres yeux et aux yeux des autres; mais leurs efforts se situent dans la volonté propre de leur mental.
Toutes ces règles en effet entretiennent et fortifient la nature immature de l’homme, laquelle produit encore davantage d’œuvres sans lien avec la nature spirituelle de son esprit. Quand l’homme essaie de les appliquer dans sa vie, elles ne font en fait que nourrir la chose même qu’elles sont censées prévenir. Si le croyant se confie en lui pour observer un ensemble de lois spécifiques, celles-ci produiront fatalement ce qu’elles ont produit dès son origine : des œuvres mortes, sans vie spirituelle.
Le mental légaliste fait croire à ceux qui suivent des règles de purification extérieure qu’ils sont plus saints que d’autres, qu’ils se situent dans une classe à part de croyants plus spirituels que les autres : ceux qui font ce qui est bien, ou du moins, qui s’efforcent devant Dieu de le faire. Ce n’est en réalité qu’une justification à ne point vouloir faire la volonté du Père Universel.

                                                   Le jugement d’autrui

Le mental légaliste prétend donner le droit de juger autrui sous une apparence de légitimité, puisqu’il se réfère aux textes sacrés. Pour les légalistes, leur propre comportement est la juste référence : puisqu’ils agissent de telle et telle façon en s’appuyant sur des lois et des règles, les autres doivent en faire autant, sous peine de jugement et d’accusation, voire de menaces et de condamnation. Les légalistes sont critiques, particulièrement envers ceux qui n’observent pas les lois qu’eux-mêmes observent. Tous ceux qui ne suivent pas leurs règles ont forcément tort.
En fait, les légalistes ne supportent pas de voir les autres libres. Ceux qui sont libres leur sont insupportables. Aussi, ont-ils tôt fait d’accuser ceux parmi les frères et sœurs qui ne rentrent pas dans le cadre de leurs normes limitées, d’hérétiques, d’apostats, d’irrégénérés, de mystiques, d’insensés, de rebelles à l’autorité, et autres reproches similaires. Ils jugent et incriminent. Le légalisme confond jugement et discernement spirituel. Le jugement des légalistes conduit à la condamnation de l’autre, tandis que le véritable discernement conduit à la libération de soi et de l’autre, à la relation empathique et authentique, à la prière qui comprend le rôle magnifique de l’homme dans la création.
L’amour ne soupçonne pas le mal, mais le mental légaliste soupçonne les frères et sœurs dont les idées et le comportement dépassent les limites de leur connaissance. Les légalistes ont très peu d’amour… C’est à cela qu’on les reconnaît : ils placent leurs lois au-dessus de l’amour fraternel. Ils n’ont ni amour, ni respect de la liberté selon le véritable témoignage de Jésus quant à la paternité de Dieu, parce que leur cœur s’est trop endurci pour être perméable à une expérience qui choisit librement de faire la volonté divine que l’on perçoit seulement personnellement, et que l’on ne manifeste individuellement que par l’amour fraternel. Néanmoins, ils prétendent toujours dire et agir pour le bien d’autrui, et s’en convainquent eux-mêmes, puisqu’ils affirment obéir à la Bible, seule source de vérité selon eux.
Dans les églises, beaucoup de responsables agissent hélas de la sorte avec les frères et sœurs qui ne rentrent pas dans les cadres établis. Ils s’arrogent le droit de les mettre sous surveillance, sous tutelle, de les « parrainer », d’exercer des pressions diverses, de s’immiscer dans la vie privée des familles, voire d’excommunier de l’assemblée ceux qui n’acceptent plus la limitation du cadre imposé.

                                       La peur de ne pas être à la hauteur

En fait, nous devons comprendre que bien des responsables légalistes placent le joug de lois sur les brebis dont ils ont la charge, parce qu’en agissant ainsi ils croient les protéger. C’est leur façon de garder leur troupeau ! Ils n’en connaissent pas d’autres… Souvent, ces responsables n’ont pas vu ni compris l’économie divine dans l’Homme. Ils n’enseignent pas la dispensation du Dieu trinitaire dans l’Homme tripartite, et sont donc contraints de recourir à une économie primitive pour gérer ce qui se passe dans l’église qu’ils dirigent. Souvent, la vérité est que ces leaders ont en réalité peur de mal remplir leurs fonctions. C’est pour cette raison qu’ils agissent de la sorte. Les seules réponses qu’ils puissent donner, c’est citer les écritures, citer la Loi.
Ils n’ont rien d’autre à proposer comme solution aux hommes : hors de la loi, ils sont démunis, sans ressource. Or, la réponse parfaite à toute situation ne se trouve pas dans le cadre limité de la loi, mais en Christ, dans le Cœur du Père qui est amour. Les légalistes craignent toujours d’être dépassés par des événements qu’ils ne pourraient pas gérer, au cas où ils ne pourraient pas trouver dans les écritures le verset approprié à la situation. Ils craignent aussi d’être dépassés par d’autres croyants qui ont davantage de liberté en Christ qu’eux n’en ont. C’est aussi la raison pour laquelle ils veulent faire peser leur propre norme sur tous, comme eux la pratiquent, et ainsi contrôler la vie spirituelle de leurs frères et sœurs. Ils s’assurent toujours de ne pas être dépassés par ceux qui voudraient marcher par l’Esprit du Père. S’il s’agit des responsables qui agissent ainsi, un esprit de contrôle vient tout régenter au sein de la vie d’église, et même de la vie privée des membres de la communauté. Dès lors que les leaders ne laissent plus l’Esprit opérer que dans la sphère limitée des lois qu’ils imposent, l’Esprit n’est plus libre d’agir comme il veut, et la vie spirituelle de toute l’assemblée décline. Au mieux la communauté se transforme en réunions philosophiques, au pire cela devient un repère de loups prêts à dévorer tous ceux de qui ils se sentent menacés.
Lorsque les chrétiens deviennent durs, agressifs, lapidaires, meurtriers, c’est parce qu’on a touché à une de leurs idoles : la loi, la bible, la lettre, les méthodes, les règles, les façons de faire dans la dénomination ou sa représentation locale; ou encore le pasteur (dont ils sont les fidèles vassaux), la structure du conseil d’administration, l’organisation de la vie d’église…
Les hommes et les femmes pensent en général qu’il faut des règles : beaucoup de règles, toujours de plus en plus précises, et pour toutes les choses de la vie. Les êtres humaines multiplient les règles, les lois, les exigences, qu’elles soient positives ou négatives.
C’est un poids pesant, qui pèsent sur les épaules de tous les croyants.

                                               Le légaliste : une intimidation

Le légalisme est un des moyens les plus efficaces pour faire déchoir les chrétiens de leur position de confiance, et les placer sous la condamnation de leur propre conscience; le légalisme constitue une menace fatale aux croyants et aux églises locales, car il place l’Homme dans des conditions d’évolution… involutives. Notre véritable besoin est de suivre avec joie le témoignage intérieur de l’Esprit de Vérité à notre conscience au sujet de la paternité de Dieu, de la fraternité des hommes, et de la foi comme seule condition pour l’obtention d’une vie éternelle.

                                                                 Conclusion

Nous pouvons constater tant de choses anormales dans la vie pratique des églises… Beaucoup de congrégations de chrétiens, de croyants, sont sous le fléau de leurs propres malédictions, et ne prospèrent pas. La manipulation spirituelle peut placer les chrétiens d’une église locale dans un triste état, d’un point de vue spirituelle. Le légalisme n’est rien de moins qu’une forme de perfectionnisme mental sans le cœur dévoué à Dieu. Dans les églises, le légalisme permet aux autorités en fonction de maintenir, via des structures hiérarchiques bien établies, le système existant en place, qui se démantèlerait sinon de lui-même. Il n’y a rien de plus nuisible que des légalistes. Si vous en connaissez, éloignez-vous d’eux avant qu’ils ne vous causent du tort……

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