Pape François : l’Europe est une vieille stérile, les immigrés la féconderont


Le pape, la repentance et la condamnation, il entre en guerre contre le totalitarisme du "genre"

Ceux qui ont un tant soit peu de culture biblique ont déjà eu l’occasion d’observer que le pape Bergoglio avait, pour le dire poliment, une exégèse toute personnelle. Jusqu’à présent, pourtant, ses audacieuses applications des textes sacrés à l’actualité n’avaient guère créé de polémiques. Lorsque François commettait « un grave détournement de l’Écriture », en faisant dire à l’histoire de Saül l’exact contraire de ce qu’elle dit, pour pouvoir fustiger les traditionalistes, il n’y avait que les intéressés à s’en plaindre.

Il en va différemment cette fois-ci, puisqu’il s’agit du sujet brûlant de « l’accueil » des « réfugiés ». Dans un entretien accordé la semaine dernière au Corriere della Sera, François compare l’Europe « à Sara, la femme d’Abraham. Sara est stérile et, quand elle a dépassé 70 ans, selon les usages de ces temps lointains, elle donne à son mari son esclave comme femme, pour qu’elle lui engendre un fils. Ensuite, pourtant, elle réussit miraculeusement à en avoir un, à 90 ans. » « L’Europe, aime répéter François, est comme Sara, qui prend peur d’abord, mais qui ensuite sourit en cachette ». L’espérance du pape, au rapport de ceux qui lui ont parlé, est que l’Europe « sourie en cachette aux immigrés ».

François, bien sûr, renverse le récit biblique (Genèse 18, 10-15). Sara commence par rire intérieurement quand un ange annonce qu’elle aura un fils à son âge, et c’est ensuite, quand le Seigneur lui reproche d’avoir ri, qu’elle prend peur (« Mais le Seigneur dit à Abraham : Pourquoi Sara a-t-elle ri, en disant : Serait-il bien vrai que je puisse avoir un enfant, étant vieille comme je suis ? N’y a-t-il rien de difficile à Dieu ? Je vous reviendrai voir, comme je vous l’ai promis, dans un an, en ce même temps ; je vous trouverai tous deux en vie, et Sara aura un fils. Je n’ai point ri, répondit Sara ; et elle le nia, parce qu’elle était tout épouvantée. Non, dit le Seigneur, cela n’est pas ainsi ; car vous avez ri »). Mais c’est un détail. On passera de même sur la suite de l’entretien, quand le pape donne en modèles de ce « sourire aux immigrés » la mairesse immigrationniste de Lampedusa (« pour la manière dont elle s’est dépensée en faveur des réfugiés »), le dinosaure stalinien (et ex-chantre de la Wehrmacht) Giorgio Napolitano, et la politicienne de gauche, et militante historique pour l’avortement, Emma Bonino (« qui a rendu le meilleur service à l’Italie pour connaître l’Afrique »). Les Italiens se sont habitués à entendre de tels propos de la bouche du pape.

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Ce qui a fait réagir, c’est la comparaison de l’Europe à une vieille femme à laquelle les immigrés vont faire des enfants, quitte à lui faire un peu peur : comparaison qui, dans le contexte actuel, a de sinistres résonances. Magdi Cristiano Allam, le plus célèbre converti d’Italie, l’ancien musulman baptisé par Benoît XVI en personne, qui a quitté l’Église catholique une fois François installé dans la chaire de Pierre, a douloureusement demandé sur son blogue : « Pourquoi ce pape insiste-t-il tous les jours sur l’accueil inconditionnel des clandestins ? » « Le pape François, commente Allam, juge positivement la perspective d’une Europe caractérisée par le métissage anthropologique et culturel, qui résulte du mélange des Européens autochtones avec les clandestins. […] Quant à nous, nous n’acceptons en aucune façon l’euthanasie des populations européennes ».

Sous le titre « Pour Bergoglio, les migrants insémineront l’Europe stérile », le site identitaire Voxnews a même vu dans les propos du Pape « une invitation à peine cachée au viol ethnique de masse. Un viol qui doit être, selon “leurs” intentions, “volontaire”. À accueillir avec le “sourire”. »